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Florilége du jargon policier

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Lysi
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Date de naissance : 12/08/1960
Féminin Localisation : Liévin

Florilége du jargon policier

Message par Lysi le Dim 25 Jan - 9:36

Comme de nombreuses autres corporations, les forces de l’ordre ont créé au fil des années leur propre jargon, « pour eux », mais aussi, parfois, pour déjouer les tentatives d’intrusion d’éventuels pirates (ils sont malins les gars en bleu !). Cela donne souvent de très jolies images qui feraient presque des policiers des poètes, mais aussi des expressions qui peuvent nous apparaitre, à nous autres pauvres civils, très, très drôles. Florilège.


Monte-en-l'air :
Le « monte-en-l’air » est un voleur qui escalade les façades de maisons ou d’immeubles pour s’introduire dans les appartements. L’expression apparaît au sein de la police parisienne au cours des années 1880. Longtemps le terme a été en concurrence avec « chat de gouttière », car les voleurs se servent souvent des gouttières pour escalader les immeubles, mais « monte-en-l’air » est l’expression favorite des policiers. Avouez que c’est plus joli…


Amazone :
Dans le langage courant, une amazone est une « guerrière », en référence au peuple du même nom décrit dans la mythologie grecque. La police française a repris le terme pour désigner une prostituée, mais pas n’importe laquelle : celle qui attend son client au volant de sa voiture. À Paris, l’amazone a connu son heure de gloire dans les années 80, notamment aux alentours de la place de la Madeleine. Il en reste toujours quelques-unes sur les Grands Boulevards, mais force est de constater que l’amazone se fait rare.


Panier à salade :
Le panier à salade désigne le fourgon de police. L'expression date de 1827. La caisse du fourgon de police utilisé pour le transport des détenus était, à l'origine, en osier très épais. À la même époque, le panier à salade utilisé par les familles était lui aussi fabriqué en osier très épais. D'où la métaphore, née de la double analogie d'aspect et de comportement (les secousses dues aux routes pavées de l'époque). Quand la police fait dans la botanique…


Attila de la grande fauche :
Un « Attila de la grande fauche » est un voleur sans frontières. Le terme s’inspire du nom du chef barbare Attila (IVe siècle) originaire de Hongrie et dont les raids sur l’Europe occidentale étaient terriblement redoutés. L’expression apparaît dès les années 1920, mais elle est surtout utilisée depuis les années 1990 et l’ouverture des frontières au sein de l’Union européenne.


Angine de comptoir :
L’angine de comptoir (ou ADC si vous voulez vraiment vous la jouer « flic dans le coup ») est une ivresse publique et manifeste (ou IPM selon la phraséologie officielle). Le terme est utilisé dès les années 1850. La loi sur l’IPM date, quant à elle, de 1873. Il s’agit sans doute de l’expression issue du jargon policier la plus reprise dans le langage civil. Faut avouer que l’image est aussi « parlante » que celle de « pilier de comptoir ».


AS :
Un as est un alibi (et non un « champion » ou un « crac »…). Il s’agit d’une référence directe et sans ambiguïté à la carte « As ». Preuve de la vivacité du langage policier (et de ces mêmes policiers), l’as a été décliné en fonction du délit commis. Ainsi :
- Une « paire d’as » désigne deux alibis,
- Un « carré d’as » : quatre alibis,
- Un « as de carreau » : l’alibi est pour le domicile. Exemple : « Au moment du délit, j’étais chez moi »,
- Un « as de cœur » : l'alibi met en scène une femme,
- Un « as de trèfle » est l’alibi des joueurs. Exemple : « je ne pouvais être sur les lieux du délit, j’étais aux courses ».


Beurrer le marmot :
Rien à voir avec une pratique sexuelle, beurrer le marmot, c’est « convaincre un suspect de passer aux aveux, de manière peu orthodoxe ». Autrement dit, beurrer le marmot est l’autre mot pour désigner une violence policière (oui, ça existe), mais avouez (avouez !) que l’expression relève, elle, de la douce poésie.


Picard :
Chez le policier, le « picard » ne désigne pas seulement l’habitant de Picardie. L’expression est très récente et s’appuie sur le nom des célèbres magasins de produits surgelés. Un « picard » est ainsi un sans-abri retrouvé mort de froid. Ça fait froid dans le dos, hein ?


Bijoutier du clair de lune :
Un bijoutier du clair de lune est un cambrioleur qui travaille la nuit. L’expression date du début du XXe siècle et proviendrait de l’est de la France, en référence au démantèlement d’un « gang » qui cambriolait les maisons pour n’en dérober que les bijoux. Pour plus d’efficacité, les membres du groupe travaillaient surtout les nuits claires ou de pleine lune. Depuis, la lampe de poche a été inventée, mais l’expression « bijoutier du clair de lune » est restée.


Album de famille:
Un album de famille, dans le langage courant, désigne ce livre dans lequel les familles conservent les photos de leur passé. On les ouvre avec le sourire, on les commente aux autres… C’est tout mignon. Dans le jargon policier, ça l’est nettement moins, un album de famille désignant les archives photo des malfaiteurs arrêtés par les services.


(Bonus en vrac) :
Accordéon : casier judiciaire.
Adidas : désigne un capitaine de police dont les galons supportent trois bandes.
Aller à la poule : déposer plainte.
Cabaret : policier appartenant à la Brigade de Répression du Proxénétisme.
Zombie : policier infiltré.
Trique : matraque.
Surprenante (à la) : en flagrant délit.
Saute-dessus (les) : surnom donné aux policiers appartenant à la BAC, dont la mission principale est de constater le flagrant délit.



Sources: Histoire et dictionnaire de la Police Francaise, Robert Laffont, 2005

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